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Culture, Environnement et Anthropologie.

PACEA UMR 5199

Communiqué : Fouille du tombeau présumé de Montaigne

Des chercheurs de Pacea, entres autres, ont participé à la fouille du tombeau présumé de Montaigne, dans les sous-sols du Musée d’Aquitaine, qui s’est déroulée entre novembre 2019 et septembre 2020

Le cercueil supposé du philosophe Michel de Montaigne a commencé à livrer ses premiers secrets. L’équipe scientifique, conduite par Hélène Réveillas, archéologue au Centre d’archéologie préventive de Bordeaux Métropole et membre de Pacea, a en effet pu procéder du 14 au 18 septembre 2020 à l’ouverture du contenant en plomb retrouvé il y a plus d’un an dans les réserves du Musée d’Aquitaine à Bordeaux. A l’intérieur, les chercheurs y ont retrouvé un squelette entier, en excellent état de conservation bien que tous les ossements ne soient pas restés en connexion les uns avec les autres. “Nous aurions aimé découvrir par exemple le collier de l’Ordre de
Saint-Michel”
Il s’agit bien d’un homme, de taille moyenne et de constitution plutôt gracile, qui pourrait effectivement correspondre à la description que Michel de Montaigne, le grand humaniste du
XVIe siècle, faisait de lui-même. Mais aucun document ni mobilier n’ont été retrouvés dans le cercueil qui puissent en attester. “Nous aurions aimé découvrir par exemple le collier de l’Ordre de Saint-Michel, une décoration prestigieuse qui avait été remise en son temps au philosophe et avec laquelle il aurait pu être inhumé”, regrette Hélène Réveillas.

Des analyses ADN sont encore à mener avec les descendants de Montaigne Les chercheurs ont cependant relevé d’autres indices qu’ils devront désormais faire « parler » dans les mois qui viennent : des morceaux de tissu étaient encore visibles autour du crâne – un bandeau, un bonnet ? – et ce qui semble être des cheveux ont été prélevés ainsi que de la matière organique. Ils feront l’objet d’analyses ADN pour être comparés à celui de descendants contemporains de Montaigne. De nombreux pollens et insectes ont aussi été prélevés qui renseigneront les paléoparasitologues sur les conditions de l’inhumation. Les spécialistes ont également tamisé l’ensemble du cercueil pour tenter de retrouver la trace de petits calculs rénaux, Montaigne étant connu pour avoir cruellement souffert de cette affection durant de très nombreuses années.
Un cylindre en plomb, qui avait été retrouvé dans le petit édifice renfermant le cercueil lors de la première campagne de fouilles, a également été ouvert par le paléo-métallurgiste Michel Pernot, directeur émérite au CNRS. Il contenait un vélin daté de 1886 attestant que le corps de Montaigne a bien fait l’objet d’une réinhumation dans ce qui constitue aujourd’hui les sous-sols du musée d’Aquitaine. C’est là que le petit édifice, oublié pendant plus d’un siècle, avait été repéré en 2018 par Laurent Védrine qui venait alors de prendre ses fonctions à la tête de l’établissement. Les premiers résultats des analyses ADN seront connus début 2021.

Photo :  © L.Gauthier

 

 

 

 

 

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